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Nutrition

Manque d’appétit chez une personne âgée: les causes

La rédaction de Martagon7 min de lecture

Bol de soupe enrichie de lentilles et de fromage râpé, tranche de pain et verre d’eau sur une nappe de lin

La perte d’appétit liée à l’âge porte un nom dans la littérature gériatrique, et elle est décrite comme multifactorielle. C’est une bonne nouvelle: plusieurs des facteurs en cause se corrigent, à condition d’aller les chercher plutôt que de s’en remettre au temps qui passe.

Ce que la littérature appelle l’anorexie du vieillissement

Une revue consacrée à ce sujet décrit une baisse de la prise alimentaire liée à l’âge, dont les mécanismes se cumulent: la vidange de l’estomac ralentit — on se sent rassasié plus vite et plus longtemps —, la régulation hormonale de la faim se modifie, l’odorat et le goût s’émoussent, et la mobilité comme l’humeur entrent dans l’équation.

L’enjeu n’est pas esthétique. La même revue relie cette baisse à la perte de poids involontaire, à la fonte musculaire et à la perte d’autonomie qui suit. C’est pourquoi les recommandations européennes de nutrition gériatrique demandent de la repérer tôt, plutôt que d’attendre que la balance le signale.

Les six causes à passer en revue

1. Les médicaments

C’est la première piste, parce que c’est la plus corrigible. Beaucoup de traitements courants coupent l’appétit, assèchent la bouche, altèrent le goût ou provoquent des nausées. Une revue d’ordonnance chez le médecin ou en pharmacie coûte peu et rapporte souvent.

2. La bouche et les dents

Une prothèse qui blesse, une dent cassée, une gencive enflammée ou une bouche sèche transforment chaque repas en effort. On mange alors mou, vite, et de moins en moins varié.

3. L’humeur

La dépression de la personne âgée se manifeste plus souvent par une perte d’appétit, une fatigue et un repli que par une tristesse exprimée. C’est une cause fréquente, et elle se traite.

4. La solitude de la table

Cuisiner pour une seule personne décourage. Les recommandations gériatriques citent explicitement l’environnement du repas — compagnie, cadre, plaisir — parmi les leviers à travailler, au même titre que le contenu de l’assiette.

5. La digestion

Une constipation installée, des reflux ou des ballonnements suffisent à faire redouter le repas suivant. Traiter l’inconfort digestif rend souvent l’appétit.

6. Une maladie en cours

Une infection, une insuffisance cardiaque, un problème thyroïdien ou toute affection non encore identifiée réduisent l’appétit. C’est la raison pour laquelle une baisse rapide s’examine.

Ce qui aide au quotidien

Quand ce n’est plus une question de patience

  • une baisse marquée installée en quelques semaines;
  • une perte de poids non voulue, ou des vêtements devenus larges;
  • une douleur, une gêne à avaler, des nausées répétées;
  • une tristesse, un retrait ou un désintérêt qui durent;
  • de la fièvre, un essoufflement ou une fatigue inhabituelle.

Aucun de ces éléments ne relève du vieillissement ordinaire. Ils justifient une consultation, sans attendre le rendez-vous suivant.

Questions fréquentes

Est-il normal de manger moins en vieillissant?

Une baisse progressive et modérée est fréquente et s’explique par des mécanismes physiologiques décrits dans la littérature gériatrique. Une baisse marquée, installée en quelques semaines, ne l’est pas: elle justifie une consultation.

Comment redonner de l’appétit à une personne âgée?

En cherchant d’abord la cause — médicaments, bouche, humeur, digestion, solitude — puis en enrichissant les plats plutôt qu’en augmentant les portions, en fractionnant les repas et en plaçant l’essentiel au moment de la journée où l’appétit est le meilleur.

Les compléments nutritionnels sont-ils une bonne réponse?

Ils ont leur place dans une situation évaluée et suivie, en complément des repas. Ils ne remplacent pas la recherche de la cause, et ils ne sont pas une première réponse à un appétit qui baisse.

Sources

  1. Landi F, Calvani R, Tosato M, et al. Anorexia of Aging: Risk Factors, Consequences, and Potential Treatments. Nutrients. 2016;8(2):69. doi:10.3390/nu8020069
  2. Volkert D, Beck AM, Cederholm T, et al. ESPEN practical guideline: Clinical nutrition and hydration in geriatrics. Clinical Nutrition. 2022;41(4):958–989. doi:10.1016/j.clnu.2022.01.024
  3. Schiffman SS. Taste and smell losses in normal aging and disease. JAMA. 1997;278(16):1357–1362. doi:10.1001/jama.1997.03550160077042
  4. Roberts SB, Rosenberg I. Nutrition and aging: changes in the regulation of energy metabolism with aging. Physiological Reviews. 2006;86(2):651–667. doi:10.1152/physrev.00019.2005

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